Pourquoi nos horloges électriques sont-elles en retard ?


Depuis quelques semaines, vous avez probablement constaté que les pendules ne sont plus vraiment à l’heure. On ne parle pas de l’heure des smartphones, des ordinateurs connectés à Internet, ou encore des horloges mécaniques, mais bel et bien de l’horloge de vos appareils électroménagers comme celui du réveille-matin, du four, du lecteur DVD ou encore du micro-ondes.

Mais d’où vient un tel dérèglement ? Si nos horloges sont en retard de près de six minutes, ce serait à cause du… Kosovo.

Non, vos appareils n’ont pas de problème

Ce retard de l’horloge de vos appareils électriques concerne d’ailleurs pratiquement tous les pays européens. Et le fait que votre cas n’est pas isolé prouve que le problème ne vient pas d’un dysfonctionnement de vos électroménagers. En vérité, tout vient du réseau électrique, puisque vos horloges se règlent en se branchant au secteur, sur la fréquence de 50 Hertz par seconde.

Cependant, depuis la mi-janvier, la fréquence moyenne a nettement baissé pour être à environ 49,996 Hertz, selon Entso-E, une association qui regroupe les gestionnaires de réseau (comme RTE) et qui a découvert la véritable raison de ce décalage de l’heure.

6 minutes de retard !

Si 0,004 Hertz vous paraissent insignifiants, sachez que ce dérèglement constaté depuis la mi-janvier entraîne un ralentissement de l’allure des pendules au fil des jours. Selon les calculs de l’association Entso-E, il a même cumulé un retard de 6 minutes depuis le début du mois de mars !

À ce stade, l’anomalie commence à gêner puisqu’elle risque bien de mettre en retard toutes les personnes qui se fient aux horloges de leurs appareils électroménagers.

À cause du Kosovo ?

« Cette anomalie, une première dans notre système européen, n’a pas pour origine la vague de froid récente ou une panne soudaine », explique Claire Camus, porte-parole de l’Entso-E au quotidien Le Parisien. Pour cette association qui veille également à l’équilibre énergétique selon l’offre et la demande en électricité à travers l’Europe, le premier responsable de ce retard est le Kosovo.

Il accuse d’ailleurs directement ce pays, à travers un communiqué publié mardi dernier, d’avoir « volontairement et massivement » baissé sa production d’électricité ! Et pour cause ? Ce pays d’à peine 11 000 km2, tout comme la Serbie, souhaite rejoindre officiellement le groupe des pays « gestionnaires des réseaux de transport d’électricité » en faisant pression par le biais de sa consommation en électricité.

Un problème également en lien avec des désaccords politiques entre le Kosovo et la Serbie :

« Le Kosovo produit moins, mais la Serbie, pourtant responsable de l’équilibre en fourniture électrique de la région des Balkans, refuse de produire plus pour des raisons d’opposition politique et historique entre les deux pays », explique un expert en énergie contacté par Le Parisien. En effet, la Serbie ne reconnaît pas la déclaration d’indépendance du Kosovo en 2008 et considère toujours ce petit pays comme faisant partie de son territoire. C’est pourquoi la Serbie ne souhaite pas aider le Kosovo à produire plus d’électricité.

En outre, « d’autres pays européens, comme la France ou l’Allemagne, pourraient décider de produire plus, mais ne le font pas pour ne pas avoir à en supporter les coûts et, in fine, les répercuter sur la facture des clients », précise cet expert en énergie.

Malheureusement, même si leur conflit se règle et même si la production d’énergie du Kosovo ou de la Serbie augmente, il nous faudra encore attendre plusieurs semaines, voire des mois pour revoir nos horloges fonctionner normalement…